IA, es-tu là ?

Appelée générative, car tu n’as rien de créative, intelligence programmée, tu te contentes de dupliquer. Chaque question coûte un verre d’eau, un prix cher payé pour naviguer ! Des émotions tu n’en connais que le nom, à défaut de les vivre, tu récites tes leçons. Avec toi, tout devient uniforme, identique : il faut rester dans les normes ! Ce que j’aime dans notre humanité, ce sont nos fêlures, nos défauts, nos fragilités. IA, je ne t’utiliserai pas pour écrire : quel intérêt si j’en perds le plaisir ? Comme le dit ce court poème, je choisis de ne pas utiliser l’IA générative actuellement. Pourquoi ? Attention, cet article se veut une présentation de mon point de vue et non une vérité générale. Vous n'êtes pas d'accord ? Discutons-en ! « C’est refuser le progrès ! » Peut-être, mais est-ce vraiment un progrès ? Pour moi, le progrès, c’est lorsque l’avancée technologique libère de la charge humaine. Or, qu’un ordinateur écrive, dessine et s’exprime à ma place ne me libère pas d’une charge, il me prive d’un plaisir… Mis à part ce point de vue tout à fait personnel, les modes de fonctionnement actuels m’indisposent particulièrement. Je vous explique : L’écologie La technologie consomme de l’eau et de l’électricité, que ce soit dans la fabrication de ses composants ou dans l’utilisation des serveurs. Ce n’est pas nouveau et je mesure le paradoxe d’écrire cela sur mon ordinateur, pour internet… Cependant, la multiplication des usages, dont l’IAg, conduit à une très forte augmentation de cette consommation énergétique. Les grandes entreprises qui possèdent les différentes IAg du marché ne sont pas réputées pour leurs recherches sur l'énergie décarbonée, au contraire ! L’ONU estime d’ailleurs que les data centers pourraient engloutir 9 300 milliards de litres d’eau par an d’ici 2030, autant dire demain… Cela induit des sécheresses autour des mêmes data centers, avec la priorisation de la technologie sur les humains et tous les êtres vivant à proximité, réalité déjà effective, aux États-Unis notamment. L’aggravation du dérèglement climatique et les vagues de canicules que nous traversons actuellement devraient pourtant inciter à nous poser davantage de questions et à revoir nos utilisations technologiques. Le coût humain Hormis les problématiques écologiques évoquées plus haut, l’IA nécessite d’être entraînée pour fonctionner. L’un desdits entraînements consiste à faire valider ce qui apparaît à l’écran, que ce soit un animal, une plante, un lieu, une émotion, etc., par unE être humainE. Les plateformes de micro-tâches servent ainsi à nourrir l’IAg, afin qu'elle gagne en performance. Seulement, les milliers de petites mains chargées de ce travail sont très mal rémunérées et peu reconnues. La présence de nombreuses plateformes en territoires dits « pauvres » — comprendre à moindre coût financier — représente une nouvelle forme de colonisation par les puissantes entreprises majoritairement situées dans des territoires dits « riches » — soit aux mains des caucasiens. L’exploitation va encore plus loin, car, au-delà de la maltraitance financière, qu’advient-il des personnes occupées à déterminer si les contenus contiennent de la violence, des cadavres, de la pornographie et autres images à fort impact psychologique ? Ces professionnelLEs du clic ne sont pas soutenuEs ni accompagnéEs, au contraire. Sans cet apport, l’IAg ne peut plus se nourrir et finira par collapser. À quel prix humain ? Enfin, certaines IAg sont accessibles gratuitement. Étant donné le coût financier qu’elles représentent, leurs possesseurs seraient-ils — oui, c’est volontairement genré au masculin — devenus philanthropes ? Rien n’est moins sûr ! Lorsque des données, qu’elles soient audios, visuelles,ou informatives, sont apportées à l’outil, elles sont conservées par les entreprises. Leur première utilisation est d’entraîner lesdites IAg. Après, les données se monnayent cher sur notre planète. Comme le dit l’expression, si c’est gratuit… De l’art ? L’IAg est aujourd’hui utilisée pour « créer ». Je mets des guillemets, car, techniquement, elle ne crée pas : elle copie. Cela tient à son fonctionnement. En effet, l’IAg puise dans toutes les informations, ou œuvres, mises à sa disposition pour en ressortir un mélange répondant au prompt énoncé. CertainEs diront que l’IAg « s’inspire », tout comme le ferait unE artiste. Oui mais non. UnE artiste puise l’inspiration et crée quelque chose de nouveau. Jusqu’à présent, l’IAg n’a rien inventé, artistiquement parlant en tout cas. De plus, les œuvres fournies aux IAg le sont sans le consentement de leurs créateurices. Pour des œuvres passées à la postérité, le problème n’existe pas. Mais nombre d’artistes ont vu leurs styles, leurs œuvres même directement copiées-collées sous leurs yeux. Vous rappelez-vous de la trend GHIBLI ? Les images « dans le style de » ont fleuri sur les réseaux. Certes, il ne viendrait à l’idée de personne — quoique ? — de créer un film avec cet outil, mais le respect du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle ne s’en est pas relevé… Les artistes perdent en reconnaissance et en rémunération. Pour quel résultat ? Dans leurs grandes majorités, les images produites par IAg uniformisent le monde. Les affiches pour les événements sur les réseaux, toutes identiques malgré le texte, n’en sont plus dissociables ! Les vidéos par IAg contiennent toujours la même représentation des êtres humains — spoiler : à la peau pâle… Ces représentations monolithes s’appliquent pour l’instant aux visuels, mais la diversité du monde y perd petit à petit. Bref, un monde où il faut rentrer dans le moule, où l’originalité n’a pas sa place, non merci ! Illectronisme Dernier constat, l’IAg est présentée comme libératrice et vectrice de savoir pour toustes. Déjà, je ne sais pas vous, mais moi je ne peux m’empêcher de vérifier ce qui m’est affirmé, simple mesure de précaution, que ce soit dit par unE humainE ou une machine. Ensuite, 15 % de la population française souffre d’illectronisme, ce qui signifie qu’elle peine à utiliser les outils technologiques. Est-ce que les IAg sont réellement facilitantes dans ces situations-là ? J’avoue ne pas être plus informée sur le sujet, mais des retours m’intéressent. Tout à jeter ? Après cette descente dans les règles, vous allez penser que je suis technophobe ! En réalité, non. Je ne nie pas les avancées majeures. C’est admirable lorsque l’IA permet d’aider la médecine et la détection de maladies plus précocement. C’est remarquablement utile lorsque différents projets IA concourent à l’amélioration de la protection environnementale et de nos systèmes d’agriculture et d’urbanisation. C’est incroyable lorsque l’IA participe à la préservation de la biodiversité. Dans un plus petit périmètre, certaines personnes bénéficient d’une réelle ouverture au monde grâce aux IAg à commande vocale. Dernière chose qui me tracasse : n’y a-t-il personne pour utiliser l’IA sur nos grandes questions sociétales et environnementales ? J’ai l’impression que l’IA, générative ou non, reste peu utilisée pour le bien de l’humanité. J’espère que c’est simplement parce que ces utilisations se veulent plus discrètes. Voici la fin du poème : Je ne nie pas tes capacités, sur bien des sujets tu permets d’avancer. J’admire tes connaissances et constate ta puissance : lorsque tu détectes les cancers pour rendre plus efficace la médication, lorsque tu facilites la communication aux personnes condamnées à se taire. Cependant, je me pose certaines questions : pourquoi personne ne t’utilise pour réduire la pollution ? Pour éradiquer la faim sur la Terre ? Pour favoriser l’équité et arrêter les guerres ? Les êtres humains ordonnent, tu exécutes. De toutes tes utilités, tu ne choisis pas la lutte. Pour conclure, la technologie peut être un grand bienfait, tout comme une catastrophe, tout dépend de son utilisation et de ses régulateurs. Sur ce point, je rejoins l’avis de l’ONU qui plaide pour une réglementation planétaire de l’IA, tout en ayant peu d’espoir que celle-ci aboutisse. En attendant, je continuerai d’écrire, de relire et de réfléchir avec plaisir. Je vous garantis un travail 100 % issu de mon cerveau humain, avec toutes les imperfections et les émotions que cela inclut ! Vous savez à présent où je me situe. Quel est votre avis ? Sources : • L’IA et la consommation d’eau : Article Le point 27/12/2025 Article Reporterre 03/06/2026 Rapport ONU sur la consommation d’eau du 4 juin 2026 • Data Center et sécheresse : Article France Info 26/10/2025 Article RTBF 22/05/2026 • Les travailleureuses du clic Article Basta ! du 03/12/2024 modifié le 13/02/2025 Article Radio France du 13/02/2017 Interview de Quentin Sombsthay du 12/11/2024 , dont le film Image Latente traitera du sujet. • IAg et Art Article Actualitté du 31/03/2025 Article radio France du 02/04/2025 • IAg positive Article OMS du 19/11/2025 Article IGN du 25/12/2024 Article NVIDIA du 03/03/2025 • Plaidoyer ONU réglementation IA Article du 01/07/2026

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